Ils sont trois. Ils ont conçu une éolienne domestique avec un alternateur à basse vitesse. L’objectif ? Les pays en voie de développement, notamment.
Une fois de plus, c’est de la cave de Fernand Platbrood, ce passionné d’énergies alternatives, qu’est né ce nouveau projet. Souvenez-vous : c’est chez ce Cul-des-sartois qu’avait été présenté le concept du compteur tournant à l’envers, grâce à l’énergie photovoltaïque.
C’est aussi lui qui, avec les Compagnons d’Éole, avait mis au point un alternateur à basse vitesse, qui alimente depuis quelques moulins de la région dont le premier en date, celui de Gerpinnes. L’idée avance. Cet alternateur pourrait alimenter des moulins à eau. Rien n’empêche donc qu’il soit actionné par le vent ! Fernand Platbrood et Daniel Berger, son complice expert de la tôlerie, planchent sur une adaptation de l’alternateur…
Lors de la ducasse du village, le premier croise un menuisier local, Francis Point. « Ça te dirait de fabriquer des pales en bois ? » L’aventure débute alors. Dans la menuiserie, un ouvrier mord de suite à l’hameçon et réalise un modèle, selon de vieux plans adaptés. Aujourd’hui, plusieurs pales en cèdre rouge ont déjà été produites, en guise d’essai.
« Nous avons juste repris des éléments tirés d’anciennes publications. En mettant le tout bout à bout, nous avons conçu l’éolienne, qui doit encore être testée ». L’engin a été conçu de la manière la plus simple possible.
L’objectif ? « Qu’elle puisse être montée sans peine dans des villages africains, où l’on ne dispose pas d’ordinateurs ou de moyens techniques performants. Le gros souci, dans ces villages, c’est l’approvisionnement en électricité. À 18h, il fait noir dans les cases », nous explique Fernand Platbrood.
Ayant fabriqué des presses à briques vendues dans l’Afrique entière jadis, l’homme connaît le terrain. Avec ses amis, il a pu concevoir un produit qui semble répondre parfaitement aux besoins du continent noir :
1. Le mât
Il est conçu en éléments de deux mètres, transportables en containers. Chaque partie fait 30 kg, ce qui permet de les hisser à bout de bras, sans engin de génie civil. Le mât est percé de trous permettant de l’escalader, voire même d’y glisser des planches pour en faire un échafaudage. Il est facilement « assemblable » par des boulons. Il peut faire jusqu’à 20 m de haut.
2. Escamotable
Ce mât peut être hissé via un simple système de poulie. L’avantage ? Il peut être couché sans peine pour les manutentions. Il peut aussi être abaissé lorsque l’on annonce des vents tempétueux, ce qui est monnaie courante dans certaines régions du globe.
3. L’alternateur
Il serait envoyé en pièce détachée, avec un plan. Facile à monter, il ne fait que 80 kg, ce qui facilite aussi la manutention. Surtout, il produit de l’électricité par très faibles vents. Fernand Platbrood estime qu’il pourrait donc être productif sur 80% du Globe.
4. Les pales
En bois de cèdre, elles sont légères, facilement remplacées et peu coûteuses. Le bois résiste aux intempéries et même aux termites ! Cette éolienne pourrait être plantée sur bien des terrains, en Afrique, mais aussi chez nous. La recherche se termine. Les essais devraient être réalisés dès ce printemps. Il reste à déterminer qui pourrait la commercialiser
Source : Article paru dans L’Avenir le 27 octobre
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